Gros pépin pour TELT à Salbertrand !

La machine branlante du Lyon-Turin est déjà embourbée avant même d’avoir démarré. Tout est bloqué à Salbertrand, point névralgique du projet. C’est ainsi ! La politique et les médias ont passé l’été dernier à chanter en chœur que désormais le « TAV se fera » puis tout à coup, les décors du scénario s’écroulent, et derrière, on découvre une seule montagne de bavardages.

Ce matin, rien de moins qu’une TOP NEWS dans la STAMPA , du 8 novembre 2019, avec abondance de détails : le site où devait être implantée la fabrique de voussoirs pour le tunnel de base a été séquestré par la Guardia Di Finanza (GDF). Mais cela est une histoire de longue date que nous connaissons bien.

Voici comment se présente l’affaire :

Salbertrand serait le site choisi par le projet TAV pour le traitement des matériaux d’excavation du tunnel de base en Italie. Une immense aire de plus de 120 000 m² avec un front continu de hangars long de 1km et haut de 25-28 m dans lesquels arriveraient des centaines de milliers de camions chargés des gravats à concasser en granulats ( et en nuages de poussières). Un enfer dantesque qu’on voudrait imposer au beau milieu de la candide Haute Vallée du ski olympique, avec toutes les conséquences néfastes sur l’économie touristique, sur la santé, l’environnement, la qualité de vie et sur les caisses de l’État.

Dommage que le site ne soit pas libre ! 200 000 m ³ de matériaux (sans plus de précisions) sont entreposés sur les lieux. Parmi ceux-ci une partie contaminée par l’amiante. Un ennui colossal non résolu depuis des dizaines d’années. Et qui pour le moment n’a pas la moindre hypothèse de solution. Une impasse parfaite qui risque de bloquer sine die l’implantation du chantier industriel. Ainsi nous pourrions dire : pas de Salbertrand, pas de chantier, ou mieux encore pas de TAV.

Adieu au chrono-programme du Lyon-Turin, pour lequel le retard cumulé est déjà embarrassant. (Il suffit de rappeler que les travaux auraient dus démarrer il y a deux ans). Sans parler du risque d’inondations : tout le chantier est en zone inondable (la Dora l’a inondé en 1957). En fait, dans le projet, les bâtiments ne peuvent être fermés pour permettre l’écoulement des eaux ….. Et la poussière !

En outre, que dire des personnes impliquées de quelle manière que se soit (même si non mises en examen) dans le dernier scandale ? La partie des terrains qui viennent d’être séquestrés par la GDF appartient à la société ITNERA Spa (Groupe GAVIO) qui l’a en concession jusqu’en 2024 et qui est accusé par les financiers de ne pas avoir réalisé les assainissements (ou décontaminations) des matériaux dangereux qui auraient dû être terminés depuis des années.

Ce champion de l’environnement, si scrupuleux du respect de la loi, de la sauvegarde des paysages, est une des entreprises à qui a été attribué une partie du projet TAV, c’est-à-dire la réalisation de la bretelle de l’autoroute de Chiomonte. Tandis que TELT dit aux Valsusains «  Circulez il n’y a rien à voir » il met la vallée dans les mains de constructeurs déjà impliqués dans des scandales environnementaux

Au-delà de l’impudence qui nous stupéfie, cette fois les responsables du TAV se sont tirés une balle dans le pied. Salbertrand était le meilleur des choix pour clouer au sol le Lyon-Turin, et maintenant risque de se transformer en leur pire cauchemar. En fait il semble que depuis quelques semaines les fonctionnaires de Telt soient très, très, nerveux !

L’imbroglio du TAV continue de se déliter, malheureusement il gèle encore des milliards d’€ .Des ressources qui aujourd’hui seraient utiles pour assainir et reconvertir des sites pollués, comme l’ILVA à Tarente. Le mouvement No TAV le dit depuis toujours.

traduction -salbertrand No tav-1

Salbertrand No Tav-1

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