Le cri de colère des élus du Syndicat Pays de Maurienne (SPM) contre le report du trafic du Mont-Blanc apparait bien tardif car les conséquences engendrées par la fermeture du tunnel routier du Mont-Blanc sont prévisibles depuis des années. Il traduit une certaine impuissance et désarroi.
Par légèreté ou manque d’anticipation, jamais le SPM ne s’est mobilisé pour le transfert modal du fret routier sur le rail, sur la ligne existante. Au contraire il s’est aligné sur les éléments de langage du lobby de la Transalpine, et de TELT qui n’ont eu de cesse de déclarer cette ligne obsolète pour justifier la réalisation d’une Nouvelle Ligne Ferroviaire Lyon-Turin.
Le SPM a ignoré les analyses très documentées de la haute Administrations française (Conseil supérieur des Ponts et Chaussées, Direction du Trésor, Cours des Comptes) et de l’UE (Cours des Comptes) qui ont à plusieurs reprises épinglé la non-pertinence socio-économique et écologique de ce projet. Comme il a ignoré au plan local le débat public avec les opposants à ce projet, quand il ne les a pas méprisés. Ceux-ci militent pour l’utilisation optimum de cette ligne et ont démontré qu’elle pouvait soustraire de la route une part significative du trafic des Poids Lourds en Maurienne, pourvu qu’il y ait une volonté politique pour le faire.
Faute de cela, la Maurienne subit à la fois les nuisances toujours plus intenses du chantier du tunnel de base du Lyon-Turin et de l’augmentation du trafic Poids Lourds aggravée par les fermetures du tunnel routier du Mont-Blanc.

Le SPM découvre maintenant naïvement que l’AFA (Autoroute Ferroviaire Alpine) n’a pas redémarré après la
remise en service des voies ferrées en 2024 après l’éboulement de La Praz.
L’indisponibilité de cette ligne pendant les 20 mois qui ont suivis l’éboulement a démontré combien elle était avec la gare de Modane cruciale pour la Haute Maurienne. Cet épisode aurait dû interpeller le SPM pour qu’il inscrive dans le marbre lors de la refonte du SCOT (Schéma de Cohérence Territorial) du pays de Maurienne la pérennisation de cette ligne hautement stratégique pour la vallée. Il n’en a rien fait.
Se mobiliser seulement contre le report du trafic routier du Mont-Blanc vers le tunnel routier du Fréjus n’a de sens que si l’on se mobilise avant tout pour l’utilisation à pleine capacité de la ligne ferroviaire existante, seule alternative pour la décennie à venir pour éviter la thrombose de la vallée par les PL.

Le SPM sera-t-il partie prenante de cette mobilisation ?